Selon Cédric Carrasso, si l'équipe marseillaise réalise une bonne fin de parcours, c'est grâce aux qualités des joueurs accompagnées d'une solidarité infaillible qui favorisent l'espit de groupe.
Invaincu durant le mois d'avril, l'Olympique de Marseille, huitième au soir de la 30ème journée, pointe aujourd'hui à la cinquième place à trois points de la troisième place, qualificative pour le tour préliminaire de la Ligue des Champions. Le club marseillais s'est également qualifié pour la finale de Coupe de France. La forme actuelle de l'OM peut rappeler le début de saison des Olympiens qui ont trusté, de la troisième à la onzième journée, les deux premières places au classement. «On est mieux qu'en début de saison, précise Cédric Carrasso, on y a fait de très bons résultats mais on était sur une lancée. Le groupe était jeune, on était à fond la caisse tout le temps. Mais cette jeunesse et cette volonté de foncer ont caché des failles que l'on a vues plus tard mais elles étaient déjà présentes. Après on s'est épuisé et les lacunes sont remontées à la surface. Aujourd'hui, le groupe est soudé et il a envie de gagner».
Face aux échéances qui attendent les Marseillais en cette fin de saison, ils pourront s'appuyer en plus de leur talent sur l'ambiance qui règne dans l'équipe. «Après la victoire contre Nantes, on était au vert et c'est la première fois que tout le monde était réuni après une victoire. Les titulaires, les remplaçants, les joueurs qui étaient en tribunes, tout le monde était ensemble».
Solidaire et plus aguerri. En effet, au fur et à mesure que la saison avance, le groupe olympien est devenu plus expérimenté. Les matchs se succèdent, les bonnes performances et parfois les moins bonnes aussi mais ce groupe uni a su tirer les enseignements de tout ce qu'il a vécu. «En début de saison, les autres clubs ne nous attendaient pas en aussi bonne forme car on avait perdu des joueurs d'expérience comme Fabien Barthez, Frédéric Déhu ou Sabri Lamouchi. On était une équipe jeune et les gens étaient surpris. Aujourd'hui on sent que l'équipe, au fil des rencontres et avec notamment l'arrivée de Julien Rodriguez, est plus expérimentée. On arrive mieux à gérer les matches. Je suis sur que, six mois auparavant, on n'aurait pas fait match nul contre Valenciennes et que l'on aurait pas gagné contre Troyes».
Si le groupe phocéen est mieux qu'en début de saison, c'est que chacun a personnellement fait l'effort supplémentaire qui permet de tirer l'ensemble des joueurs vers le haut. Djibril Cissé a travaillé comme un acharné pour revenir après sa grave blessure. Samir Nasri a poursuivi sa progression fulgurante pour connaître sa première sélection nationale chez les A. C'est donc ensemble que le groupe a grandi pour devenir plus fort. Si chaque joueur progresse, le collectif s'en ressent. En surmontant des épreuves, Cédric Carrasso a lui aussi apporté sa pierre à l'édifice : «J'ai démarré un peu vite sans avoir de métier et j'ai commis des erreurs. J'apprends mais j'ai aussi acquis de l'expérience qui me permet de gérer l'accumulation de rencontres importantes. En début de saison, je n'aurais peut-être pas pu le faire, même si je faisais de bons matches. Aujourd'hui, je me sens bien dans ma peau et dans l'équipe».
Ce qui permet au portier marseillais de gérer la pression inhérente à son poste. «J'ai 25 ans, cela fait autant d'années que je supporte l'OM et je suis au club depuis 12 ans. Vous imaginez ce qui peut se passer dans la tête d'une jeune qui a toujours rêvé de jouer à l'OM et qui se retrouve là. Même quand je revois les matches, je trouve cela bizarre de me voir à la télé».
Marseille semble donc armé pour affronter et relever les prochains défis du mois de mai avec autant de bravoure et de c½ur qu'en avril. «On a des joueurs de talents et quand on est capable de former une équipe comme ces derniers temps, on est capable de battre n'importe qui. On l'a déjà montré mais par intermittence. Aujourd'hui, on le fait régulièrement, il faut continuer», conclut Cédric Carrasso.